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Jean-Louis Denois

 - Jean-Louis Denois

Artisan Vigneron

Jean-Louis Denois présente des vins Bio sans sulfites


18

Fév

2013

Jean-Louis Denois, artisan vigneron présente des vins Bio sans sulfites.

LE VIGNERON QUI A RAISON TROP TÔT

Jean-Louis Denois, cet anticonformiste, innovateur et toujours curieux qui navigue en dehors des chemins balisés, fut le pionnier à Limoux du cépage Pinot noir et des grands vins blancs de Chardonnay, mais aussi des Gewurztraminer et Riesling, tout d’abord interdits, condamnés à l’arrachage, puis finalement aujourd’hui autorisés et primés dans tout le Languedoc.

– En 2009 la totalité de son domaine est convertie en bio.
– En 2013 il prend une fois de plus position :

« Produire en bio est certes bon pour la planète, l’environnement, nos sols, notre eau, mais ne faut-il pas aller plus loin ? Le « sans sulfites » est bon en plus pour notre santé ».

Chez ce fils et petit-fils de vigneron depuis 6 générations, la parole se transforme toujours rapidement en actes. Ainsi il nous raconte comment il a été interpellé par une de ses lectures et ce qui s’en est suivi :

« L’été dernier, j’ai découvert l’excellent livre de l’oenologue alsacien Arnaud IMMELÉ, « Les grands vins sans sulfites » qui m’a ouvert l’esprit vers d’autres pratiques possibles et donné l’impulsion à l’aube des vendanges 2012 de pratiquer quelques essais pour réaliser deux cuvées de vins tranquilles sans sulfites : un rouge et un blanc » !

Des étiquettes dépouillées ont été dessinées pour un look simple et rafraîchissant :

Jean-Louis Denois s’exprime

Visionnaire, j’avais tort d’avoir raison trop tôt !

« J’ai depuis toujours voulu bousculer le formalisme du monde du vin français, refuser son conservatisme, remettre en cause ses fausses vérités, bref, évoluer et ne pas rester figé dans les traditions d’hier. Je suis considéré comme un rebelle de l’AOC, cette « chapelle » qui ne veut rien changer et va chercher ses vérités et les réponses à toutes les questions actuelles dans des textes du passé.

Tout d’abord j’ai planté les cépages rois bourguignons Pinot et Chardonnay dans ce terroir frais, découvert en Haute Vallée de l’Aude dès 1988, puis essayé des Rieslings et Gewurztraminer à 400 mètres d’altitude, persuadé que ce terroir le plus frais du Languedoc serait parfaitement adapté aux cépages Alsaciens. Après une forte pression, les instances du vin m’ont finalement fait arracher ces pieds de vignes interdits et payer une amende.

Depuis, tous les cépages sont enfin d’usage libre en Languedoc, la demande en Pinot explose, le domaine de l’Aigle a pris son envol vers des sommets de qualité, et le nouveau propriétaire vient d’y planter du… Gewurtztraminer, cette fois en toute légalité, et en touchant des primes de plantation !

J’ai, dès 2000, pris un autre pari, dans ce terroir unique, celui de la nouvelle AOC Limoux rouge, dans l’intention d’en devenir dans les 10 ans le meilleur producteur. J’ai eu la chance d’obtenir le premier coup de coeur de cette jeune appellation dans le Guide Hachette 2011.
Ce grand terroir exceptionnel continue de prouver sa qualité en obtenant les meilleures notes dans les grands guides 2013 parus en fin d’année.

Un vignoble à mon image

En 2006, j’ai découvert quelques beaux vignobles dans les Fenouillèdes (Haut du Val d’Agly). Pas un domaine constitué avec une allée centrale qui mène au mas ombragé, mais un vignoble à mon image, des petites parcelles « coup de coeur » sauvées d’un arrachage certain et achetées ici et là comme on fait son marché, entre Saint Paul et Caudiès de Fenouillèdes.

Dans cet autre bout du monde, cet autre terroir oublié du Languedoc, comme Roquetaillade, plus haut et plus frais que les plaines du littoral, en haut de ce désormais fameux Val d’Agly où se sont installés bien d’autres idéalistes qui lui donnent aujourd’hui un air d’Eldorado, j’ai depuis 6 ans redonné vie à ces vignes.
J’ai remplacé les manquants, les ai bien sûr converties en bio, palissées comme me l’ont appris des vieux vignerons champenois  quand j’étais gosse, bichonnées comme un jardin secret, entretenues jalousement comme une « danseuse », dans l’attente du grand jour.

J’ai pris le parti de ne pas détourner ces vignes de l’essence même de ce beau terroir, en les maintenant à une faible production par des tailles courtes pour chercher la concentration. Seuls les sols d’argile grise et ces redoutables vents de la Méditerranée leur apportent leurs parfums, leurs forces.

Les vins qui y naissent sont étonnants de naturel et de fraîcheur, comme je l’espérais de cette autre « haute vallée » entre Corbières et Pyrénées. Les vins obtenus jusqu’à présent ont été sélectionnés en 2011 et 2012 parmi les meilleurs IGP de France et dans le Concours Prix Plaisir de Bettane Desseauve pour leur exceptionnel rapport qualité prix.

Premier rendez-vous avec les nouveaux « VINS BIO »

2012 voit l’application pour la première année de la toute nouvelle appellation « VIN BIOLOGIQUE » qui va remplacer l’incomplète appellation « vins issus de raisins de
l’agriculture biologique. Ce nouveau règlement européen sorti avant vendanges est déjà décrié par des puristes qui auraient souhaité voir fixer des limites de SO² plus bas ou même l’interdire.

Des vins bio sans sulfite? pourquoi pas…!

Aussi, j’ai décidé encore une fois de sortir du rang, d’aller au bout de la démarche sans compromis, plus loin encore que le souhaitaient les plus ardents contradicteurs du nouveau texte de vinification bio et de vinifier ces raisins sans ajout de sulfites du tout pour rester au plus près du « bon jus naturel de la treille ».

Première étape à la vigne

En fin de véraison, des tries manuelles ont été effectuées pour éliminer les doublons, les grosses grappes encore vertes, les entassements, afin de ne laisser au soleil que des raisins parfaits et me donner des vins nets, précis, sans déviation, élaborés avec le minimum d’interventions.

Deuxième étape en cave

Bien préparé, je me suis jeté dans cette nouvelle aventure. Je le sentais bien, ça marchait, alors j’ai poursuivi et j’ai en fait vinifié toute la récolte
2012 sans sulfites, du 16 août avec les tout premiers Pinots noirs pour des vins de bulles jusqu’aux derniers Cabernets sauvignon et les Syrahs du pied du Col Saint Louis fin octobre, décuvés et pressés au 25 novembre. Après un séjour sur lies fines pour prendre un peu plus de gras et d’amplitude, et après un seul soutirage, mes 2012 s’expriment bien et sont surprenants de pureté, de soyeux, ils paraissent plus ronds, plus souples, les tanins sont fondus et affichent un fruité et des arômes nets et complexes, sans masque.

On imagine bien ce que le SO² apporterait : une fermeté, un certain assèchement ! En outre, les fermentations malolactiques se sont déroulées sans problèmes et dans la continuité de la fermentation des sucres. Les cuves et fûts étant maintenus bien pleins, je n’ai jamais constaté aucun goût d’évent, aucun début d’oxydation, aucun défaut que l’on peut parfois rencontrer sur des vins nature.


Jean-louis Denois a le plaisir de vous présenter : « Mes vignes de Saint Paul »

Deux vins de mon vignoble des Fenouillèdes :
un blanc et un rouge bio sans sulfites, embouteillés le 1er février, sur la vivacité et le fruit croquant.   A Suivre…