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Pépinière Viticole Française

 - Pépinière Viticole Française

Le Paradoxe

Ou comment conserver le savoir-faire d’une filière hautement qualitative envers et contre tout…


19

Sep

2013

Pépinières viticoles françaises : le paradoxe !

Ou comment conserver le savoir-faire d’une filière hautement qualitative envers et contre tout…

 
 
Le Congrès de la Fédération Française de la Pépinière Viticole, qui s’est tenu les 27 et 28 août derniers en Vendée, a été un grand succès, avec une forte participation des professionnels de tout l’Hexagone, qui représentaient la majorité de la production. Les interventions scientifiques ont été passionnantes, les débats enflammés, avec d’un côté le constat regrettable d’une perte de compétitivité croissante pour la France en raison de coûts de main d’œuvre de plus en plus exorbitants, et d’un autre côté le constat extraordinaire que cette filière atteint des sommets de qualité qui la placent hors normes par rapport à la concurrence internationale.

 Le leader mondial d’aujourd’hui s’inquiète pour demain…

Pierre Marie GUILLAUME, vice-président (Centre Est), résume la problématique du « Made in France » :
«  Dans la pépinière européenne on joue tous la même partie de foot… Mais certains ont des baskets quand d’autres sont en chaussures de sécurité, avec des poids de 5 kilos attachés à chaque pied ».
C’est bien ce que ressentent les pépiniéristes face à l’administration française…


Une filière où la main de l’homme est encore irremplaçable

La main d’œuvre représentant 60 % du coût de revient d’un plant, toute modification des charges a une incidence sur le prix des plants de vignes. Or, si la limitation des horaires hebdomadaires (35 heures) pesait déjà lourd, la suppression des allègements de charges patronales au-delà de 1,25 SMIC pour les nombreux saisonniers renchérit encore le coût du travail.

Aujourd’hui, le coût horaire du travail chez nous est de 12 euros de l’heure, contre 6 à 8 euros chez nos voisins : Espagne, Portugal, Italie et Allemagne. La différence est de 80 à 100 % avec les concurrents les plus proches.


Ce qui non seulement pénalise les exportations, mais, en plus, favorise les importations

Les plants français arrivent sur le marché 20 à 30 % plus chers que ceux des concurrents les plus proches (Italie, Espagne, Portugal, Allemagne…), le résultat est que, depuis 10 ans, la filière française a perdu des parts de marchés dans les grands pays importateurs européens où le facteur prix est prédominant.

La filière française a perdu des parts de marché alors qu’elle a continuellement progressé au niveau de l’offre et de la qualité sanitaire – c’est d’ailleurs grâce à cette progression que la filière a pu maintenir ses exportations dans les pays hors Union Européenne.

La filière est fragilisée par la perte de compétitivité : depuis 2007, l’équilibre import-export s’inverse, et, en 2012, 14 millions de plants ont quitté l’Hexagone, alors que 12 millions y sont entrés. Qui plus est, ces plants venant des concurrents européens doivent seulement se conformer au standard qualité communautaire, loin du niveau de contrôle du matériel français !

La filière ne manque ni d’atouts ni de ténacité

Délocaliser la production ? … acheter des plants de vigne à l’étranger ? … Il n’en est pas question, le seul mot d’ordre de la filière sera : LA QUALITÉ.

Aujourd’hui, les pépiniéristes disposent d’un marché national fort et dynamique, d’une recherche nationale unique au monde, d’une proximité avec leurs clients par le maillage de la profession sur le territoire, d’un parc de porte greffes et de greffons important et contrôlé et d’une offre variée et unique.

Grâce aux activités de Recherche et Développement et au contrôle de la production, la filière atteint des sommets de qualité qui la placent hors normes par rapport à la concurrence internationale. Aujourd’hui, 80 % de la production adhère à la marque ENTAV-INRA® qui garantit l’origine, l’authenticité, la qualité sanitaire et la valeur génétique des clones.

Pour aller plus loin et renforcer la qualité sanitaire du plant de vigne et sa perception chez le viticulteur dans un esprit de confiance mutuelle, les pépiniéristes ont approuvé à l’unanimité lors du congrès, la mis en en œuvre d’une Charte de Qualité.

NOUVEAU : la Charte de Qualité adoptée le 28 août 2013 impose aux adhérents de la marque ENTAV-INRA®

– La formation : chaque entreprise doit avoir au moins un référent formé à l’ampélographie et à la reconnaissance des pathogènes. Il est important que les pépiniéristes d’une région indemne d’un certain virus en connaissent les symptômes pour identifier d’éventuels plants atteints. L’IFV notamment met en place ces formations.

– L’auto contrôle du parc de vignes mères de greffons et porte greffes : chaque professionnel s’engage à un contrôle visuel pied par pied de toutes ses parcelles à l’automne, pour éliminer toute plante non conforme.

– Le renforcement de la lisibilité de la marque ENTAV-INRA®, seule bannière de qualité : le viticulteur doit pouvoir faire la différence clairement entre plants produits en France et hors de France.


« Cette charte est un engagement fort de la profession et une chance de nous démarquer » explique Miguel MERCIER, vice-président (Centre Ouest), qui a animé avec l’IFV la commission en charge de son élaboration.

Elle sera évolutive et pourra être amendée avec de nouvelles obligations en fonction de l’évolution de la pression des maladies, et des connaissances techniques.

La qualité Made in France… est-elle encore possible ?

Les pépiniéristes français y croient : ils comptent bien, à terme, imposer leur qualité au point qu’elle devienne un avantage compétitif. D’autres voies sont aussi envisagées, comme  de tenter d’imaginer la mécanisation de certaines étapes de la production, et bien sûr l’accélération des activités de Recherche et Développement en optimisant les moyens grâce à la marque ENTAV-INRA®.

Copyright photos sauf celle du Haut ©P.Valli